FANTASME AGORIQUE

C'est une drôle d'idée qu'ont eue les comtes Ha­gue­neck

d'ailleurs était-ce leur nom

le château en tout cas s'appelle ainsi

drôle d'idée qu'ils ont eue de construire leur château

d'ailleurs est-ce un château

c'est si petit

ša a des remparts en tout cas

de construire leur château au fond d'un vallon

au fond d'une forêt

Ça a des remparts

couronnés de hêtres

des hêtres de la forêt

une forêt de chênes

avec quelques hêtres

et des pins aussi

des hêtres de la forêt au fond de laquelle

dans son vallon

gît le château

Sous le ciel qui bruine

entouré d'une théorie de scouts

ou bien de louveteaux

dans les ruines de la chapelle du château ruiné des com­tes du Ha­gueneck

un vieux vieux curé

un curé tout blanc

dit la messe

Ma main

sous la jupe d'Olga

tire le slip d'Olga

sur les chevilles d'Olga

Alleluia

chante le curé tout blanc dans la ruine noire

noire sous le ciel gris

noire dans la forêt sombre

Alleluia chante l'écho

la théorie de scouts

ou bien de louveteaux

Mes mains

sous la jupe d'Olga

chantent les fesses d'Olga

chantent ses hanches

chantent son con

Il bruine

C'est une bruine de printemps

Dans les ruines de la chapelle du château

un scout

ou peut-être un louveteau

lève les yeux

Il voit le cul d'Olga et écoute l'Évangile en bandant

C'est une bruine de printemps finissant

chaude et fraîche à la fois

très mouillée

La jupe d'Olga

tombe

Là-bas

en bas

le curé lève les bras, brandit un ciboire d'argent

Une cloche de cristal fait pencher les têtes juvéniles

Mais

au dernier rang

deux scouts

ou bien deux louveteaux

lèvent les yeux

et

par delà le ciboire d'argent

boivent le ventre d'Olga

Des ruines du château envahies par les herbes folles mon­te com­me une vapeur

mélange d'encens et de brume de sous-bois

Mes doigts

un peu tremblants

ouvrent les boutons de la chemise d'Olga


Dans la chapelle du Hagueneck

les unes après les autres

les têtes se lèvent

et les regards brillants font un serpent miroitant qui se dé­roule dans l'assemblée censée entendre la messe selon le nou­veau gra­duel romain

Olga laisse sa chemise glisser à terre

Nue

adossée au tronc d'un sapin très haut

elle sourit aux scouts

ou peut-être sont-ce des louveteaux

Je m'agenouille entre ses cuisses

Quiamtuum est regnum chante le curé blanc

les fidèles répondent en frémissant

Mes lèvres

frôlent le ventre d'Olga

frôlent la toison d'Olga

baisent le con d'Olga

Le curé tout blanc

dans la chapelle

distribue la communion

à vingt jeunes verges en érection

Adossé au tronc d'un sapin très haut

Olga

nue

me déshabille

soigneusement

indifférente à l'adoration des scouts

me tire en elle

ou bien sont-ce des louveteaux

me fait cheminer en elle

peu importe

me serre en elle

chaude

Des chants païens viennent enrichir la liturgie de la messe du sep­tième dimanche de Pâques

le curé tout blanc

ses scouts

ou bien ses louveteaux

dans une débandade générale

se dissolvent dans la brume chaude et fraîche à la fois.

© Hans Fraehring
Mise à jour 16/09/2018



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