AIR MÉDITERRANÉE : Sécurité ? Vous avez dit sécurité ?

   Le 10 septembre 2010 ma compagne et moi nous sommes présentés à 6 heures du matin, heure figurant sur notre convocation, à Roissy Charles-De-Gaulle pour prendre un vol à destination de Palerme. Une employée de FRAM, voyagiste affrêteur du vol, nous a indiqué que ce vol était retardé au motif, prétendait-elle, que l'avion prévu était arrivé la veille à Orly avec retard et n'avait plus eu l'autorisation de redécoller pour Roissy en raison de l'heure tardive, mais qu'il allait arriver sous peu. Par la même occasion nous avons appris que l'avion affrété n'était pas de la compagnie AirPostal comme prévu mais de la compagnie AIR MÉDITERRANÉE. Après plusieurs annonces de reports l'embarquement a été lancé vers 9H30, puis annulé avant que le premier passager soit enregistré, soit-disant en raison de problèmes informatiques. Finalement, vers 11H30, heure à laquelle nous aurions dû être rendus à Palerme, un autobus nous a emmené à quelques centaines de mètres du terminal et nous avons embarqué dans un Airbus d'un aspect pas très rassurant et dont je me suis aperçu trop tard, au vu de mes photos, qu'un au moins des pneus était sous-gonflé :



   L'avion a fini par décoller vers midi dans un bruit d'enfer, non pas celui des réacteurs mais celui d'énormes vibrations dans la partie arrière du fuselage – et, pourtant très habitué aux déplacements aériens, j'ai eu vraiment peur. Une fois le décollage et les vibrations terminés j'ai signalé le problème à un garçon de cabine. Le gamin, qui ne devait pas encore être né la première fois que je suis monté dans un Airbus, m'a affirmé de façon péremptoire que tout cela était normal pour ce type d'avion. Une dizaine de minutes plus tard le chef de cabine a expliqué qu'AIR MÉDITERRANÉE avait annulé un vol Nantes-Lyon (?) pour récupérer notre avion en remplacement de celui initialement prévu et immobilisé pour des raisons techniques. Un quart d'heure après le même chef de cabine est venu annoncer que pour nous dédommager des désagréments subis des passagers seraient autorisés à visiter le poste de pilotage, et aussi incroyable que cela paraisse une quarantaine de passagers ont visité le cockpit deux par deux entre Paris et Palerme.

   Un an plus tard à quelques jours près, la compagnie aérienne Hermès, filiale d'AIR MÉDITERRANÉE, refusait à un groupe d'handicapés l'accès à bord de l'un des ses avions pour "des raisons de sécurité" : les "handicapés" étaient simplement sourds, mais parfaitement capables de lire sur les lèvres les recommandations et ordres du personnel de bord – ils avaient au demeurant été normalement enregistrés et leurs bagages avaient déjà été chargés en soute.

   Sur demande du ministère français des transports la DGAC (Direction Générale de l'Aviation Civile) a ouvert une enquête mais a dû conclure que stricto sensu les pilotes d'Hermès avaient respecté la réglementation en vigueur. La DGAC a-t-elle été informée des incidents du 10 septembre 2010 exposés en début de cette page et pour lesquels les autorités aéroporturaire auraient dû logiquement lui envoyer des signalements ?

   En 2016 AIR MÉDITERRANÉE a été mise en faillite. Ses dirigeants ont évidemment trouvé un tas d'excuses à cette liquidation.

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