LES MARCHANDS DE GLOIRE

Paul NIVOIX, Marcel PAGNOL – 1925

   BACHELET.  —  Ça fait neuf jours. Nous avons donc la certitude qu'il y a neuf jours, il se portait bien, et qu'à ce moment-là, nous n'aurions pas dû avoir la moindre inquiétude. mais nous ne le savions pas. Et depuis, que s'est-il passé ? (À Grandel.) Ce facteur, elles l'attendent toute la journée. Et pourtant, que peut-il nous apporter ? Des nouvelles du passé ; de bonnes nouvelles qui sont peut-être déjà démenties par un éclat d'obus, ou une balle perdue... Perdue, pas pour tout le monde...

   GRANDEL.  —  Je te comprends. Mais toi, il te reste l'espoir. C'est une lumière, l'espoir. Moi, le facteur, je ne l'attends plus... Mon fils est mort pour la patrie. Peut-être aussi pour les marchands de canons...

   BACHELET.  —  Peut-être aussi pour les pétroliers, et pour la haute banque internationale... Ces messieurs ne bombardent pas la Ruhr ; en échange, les autres n'attaqueront jamais le Creusot. N'abîmons pas le capital du voisin, il respectera le nôtre. Tout ça, c'est compère et compagnon... C'est pour ça qu'on tue nos enfants !

Extrait de



PRESSES POCKET n 1297
© Marcel Pagnol, 1964




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