C'est pas bon • Police

  Le docteur récupéra sa trousse, sa maison était sur le trajet, et nous sommes arrivés devant l'épicerie. Sur l'escalier qui y donnait accès, Charles, le plus vieux des frères Kalb, assis entre son jeune frère René et Julie qui lui avaient passé chacun un bras autour des épaules, était secoué par des sanglots violents. Julie nous fit signe d'entrer dans le magasin.

  Devant la caisse Dylan Zimmer, un jeune du village de seize ou dix-sept ans, était étendu sur le dos, inconscient. Un filet de sang coulait de ses narines et rejoignait une assez grosse flaque dans laquelle baignait la tête. Son poing droit était serré sur un petit canif. Le docteur se pencha sur le gamin et lui prit le pouls.

  — Très faible, c'est pas bon, dit-il.

  Puis, se tournant vers Julie qui venait d'entrer :

  — Va me chercher des serviettes propres et une couverture. Et un coussin qui n'a pas servi si tu as.

  Il souleva doucement la tête de Dylan. Du sang coulait abondamment d'une vilaine blessure au sommet du crâne et qui était à l'origine de la flaque. Julie revint avec des serviettes qu'il glissa sous la tête.

  — Il faut l'emmener à l'hôpital, dit Julie avant de se mordre les lèvres, consciente de l'absurdité, compte tenu des circonstances, de ce qu'elle venait de dire.

  — Je vais voir ce qui me reste comme produits au cabinet, dit le docteur. Empêchez-le de s'agiter s'il revient à lui.

  Il sortit. Le maire demanda à Julie ce qui s'était passé. Elle expliqua que lorsqu'elle était arrivée avec les frères Kalb ils avaient trouvé Dylan et son copain Hervé Roche entrain de déverser le contenu des rayons dans un grand sac de jute, avec une préférence pour les boites de conserves et les canettes de bière. Le petit congélateur avait son couvercle ouvert et était déjà vide. En voyant arriver Julie et les Kalb les deux gamins lâchèrent leur sac. Dylan sortit un canif de poche et leur fit face. Charles lui asséna un coup de canne. Dylan s'écroula et Hervé Roche, bousculant Julie, prit la fuite.

  Le docteur revint avec un carton contenant quelques boites de médicaments et des seringues. Il reprit le pouls de Dylan et immédiatement commença à lui faire un massage cardiaque. Le filet de sang qui coulait du nez du garçon sembla grossir un peu.

  — C'est foutu, dit Fischbach en se relevant. Il est mort.

  Nous nous sommes tous regardés en silence, puis Jean Meyer a demandé :

  — Et maintenant, qu'est-ce qu'on fait ?

  — Je te rappelle qu'en tant que maire tu es aussi officier de police, dit le docteur. Et Barnabé est garde-champêtre.

  La porte s'ouvrit et Romain Auracher entra. Il eut un haut-le-cœur en découvrant le cadavre puis se tourna vers Jean Meyer :

  — C'est Dylan Zimmer, non ? Qu'est-ce qui s'est passé ?

  — Il a essayé de cambrioler l'épicerie avec son copain Roche. Charles Kalb les a surpris et l'a assommé. Il est mort. Roche s'est tiré.

  — Mais... Il faut appeler la police !

  — C'est vrai, téléphone leur, ricana le maire.


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