Smartphone WIKO Ufeel Lite : l'attrape-nigauds

   Après lecture d'un article élogieux dans le magazine allemand Der Spiegel j'ai acheté dans un magasin DARTY un “smart”phone WIKO Ufeel Lite, le modèle inférieur WIKO Jerry décrit par le magazine étant en rupture de stock. Marcel Rosenbach, auteur de l'article élogieux, n'a visiblement pas testé le gadget dont il parle, et j'ai gaspillé 159,99 € (que je récupérerai largement : l'article trompeur est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase et j'ai mis fin à mon abonnement au Spiegel dont j'étais pourtant lecteur depuis 1958 mais qui selon moi s'éloignait de plus en plus de ses valeurs et de sa rigueur d'origine).

   Mais revenons au WIKO qui a fait de moi un nigaud.

   Tout d'abord bravo au fabricant chinois : l'écran de 1.280 × 720 pixels et les cameras sont de bonne voire de haute qualité. Malheureusement ils sont les seuls. Le reste, hardware et surtout software et manuel d'utilisation (quasi inexistant), est un ramassis de ratés et d'incompétences. De ce qui aurait pu être un produit remarquable WIKO a réussi à faire avec des logiciels lamentables une bricole bonne à jeter au fond d'une poubelle ou, pour ce qui me concerne, au fond d'un tiroir duquel j'ai ressorti mon vieux LG-385 beaucoup plus convivial en dépit de son écran de 320 × 240 pixels. Ce vieux LG-385, acheté 60 € il y a quatre ans et qu'on trouve aujourd'hui à 20 € sur eBay ou EasyCash, servira d'ailleurs ci-dessous d'élément de comparaison avec le WIKO Ufeel Lite à 159,99 €.

   Il faut ouvrir (avec beaucoup de difficulté) le boitier du WIKO Ufeel Lite pour lire en caractères minuscules :



   Monsieur Haibo Zhu, citoyen chinois implantateur de WIKO en Europe, a donc eu soin de choisir des spécialistes de pointe du Merde in France mais a apparemment négligé de tester leur production – à l'instar du journaliste du Spiegel qui lui a consacré un article, à lui et à sa marque.

ALIMENTATION

   Le “smart”phone WIKO Ufeel Lite a une autonomie faible, inférieure à celle annoncée, et a tendance à chauffer très vite de façon inquiétante. Sa durée de recharge est longue – aussi longue que l'autonomie est courte. Le chargeur de batterie, rudimentaire, lui aussi chauffe très rapidement et on hésite à le laisser fonctionner sans surveillance. Cerise sur le gâteau, la batterie n'est pas interchangeable, ce qui signifie que si cette batterie aux performances douteuses tombe en panne le “smart”phone WIKO Ufeel Lite est bon à jeter. Cette caractéristique à elle seule est suffisante pour proscrire formellement l'achat d'un WIKO Ufeel Lite. Je ne sais pas ce qu'il en est des autres modèles de WIKO et je m'en moque : une marque qui n'hésite pas à mettre sur le marché une telle ineptie n'est pas à mon avis digne de confiance.

MANUEL UTILISATEUR

   Voici la stricte intégralité du manuel utilisateur fourni avec le “smart”phone :



   On peut considérer que le manuel utilisateur se limite aux pages en surbrillance, c'est-à-dire 11 pages au contenu plus que léger et de plus parfois faux. Ainsi le sens d'insertion des cartes SIM décrit est à l'opposé de celui conseillé sur le chassis de la machine, probablement le bon mais posant lui aussi problème comme on le verra plus loin, et l'emplacement indiqué de l'encoche permettant d'ouvrir la coque de l'appareil est faux.

   Une Foire aux questions sur Internet est à peine moins rudimentaire et elle aussi souvent erronée.

   Compte tenu, comme on le verra plus loin, de l'absence de convivialité de la plupart des logiciels installés sur le “smart”phone, voire de leur bizarrerie et de leur incohérence et même de leur disfonctionnement, la quasi inexistence d'une aide utilisateur digne de ce nom est suffisante pour déconseiller l'achat d'un WIKO Ufeel Lite – sauf si vous avez énormément d'heures à perdre pour maîtriser à peu près le gadget et que vous êtes fanatiques des jeux de réflexion. En ne comptant ces heures perdues pour essayer de comprendre l'engin qu'au tarif du salaire minimum, le WIKO Ufeel Lite vous aura coûté le prix de son équivalent haut de gamme chez Samsung ou Apple...


CARTES SIM ET D'EXTENSION DE MÉMOIRE

   Pour insérer les cartes il faut évidemment ouvrir le boitier. Cette ouverture du boitier est en soi une performance. Elle se fait en décollant le capot arriére à l'aide d'une fente minuscule, soit en utilisant un ongle au risque de le casser (j'en ai cassé un), soit en utisant un tournevis très fin ou un couteau au risque de casser le téléphone. On verra plus loin que la nécessité de cette ouverture du boitier est malheureusement beaucoup plus fréquente qu'on pourrait l'imaginer. Ce défaut suffit pour déconseiller l'achat d'un WIKO Ufeel Lite.

   Si l'insertion d'une carte Micro SD d'extension de mémoire est aisée, l'insertion de l'une ou l'autre des cartes SIM pose problème car elle est gênée dans les deux cas par la protubérance du flash :



   J'ai finalement réussi à installer une carte SIM-1 en forçant le cache métallique de son logement (apparemment monté sur charnières difficiles à débloquer – mais rien n'est indiqué dans le rachitique manuel utilisateur), ce après avoir plié, c'est-à-dire détruit une première carte SIM en tentant de l'insérer de force par-dessus la protubérance du flash. Heureusement le représentant le plus proche de mon opérateur est ma compagne et j'ai pu faire remplacer facilement la carte détruite.

   À noter que les sens d'insertion des cartes SIM indiqué dans le prétendu “manuel utilisateur” sont différents de ceux qui sont gravés sur le chassis.

TÉLÉPHONIE – Appels entrants

   Si la gestion des appels sortants est en gros normal, celle des appels entrants est en revanche assez particulière. À réception d'un appel entrant l'écran ci-dessous s'affiche :



   Il faut alors appuyer avec précision sur l'icône RÉPONDRE, une pression n'importe où ailleurs amenant l'écran :



pendant que la sonnerie continue à vibrer avec insistance et que le correspondant est dirigé automatiquement sur votre messagerie, l'appel étant strictemet impossible à récupérer.

   Le problème ne s'arrête malheureusement pas là car chaque fois que l'on fera appel à la fonction téléphone on se retrouvera avec cet écran. C'est en effet une des nombreuses incohérences des logiciels du WIKO Ufeel Lite qui montre qu'il n'y a eu aucune analyse fonctionnelle digne de ce nom : quand on descend à partir d'une option principale à ses sous-menus ce sera le dernier écran consulté qui s'affichera automatiquement lorsqu'on choisira l'option principale. Ainsi si par exemple on effectue la séquence suivante :


la fois suivante où on demandera l'option Gestionnaire de fichiers on obtiendra :



et si on veut retrouver la séquence normale (et logique) :



il faudra soit manipuler l'icône Retour :


aussi souvent que nécessaire pour revenir à l'écran principal de l'option Gestionnaire de fichiers, soit activer la fonction Applications précédemment utilisées pour afficher celles-ci :



et ensuite, sur cet écran Applications précédemment utilisées, soit supprimer l'application Gestionnaire de fichiers en cliquant sur le symbole approprié :



soit supprimer toutes les applications précédemment utilisées en cliquant sur l'icône appropriée :



   C'est d'autant plus absurde que cette fonction Applications précédemment utilisées en soi intéressante (il y a quand même quelques rares points positifs dans les logiciels du WIKO Ufeel Lite) fait double emploi avec le principe critiqué ici d'accoler systématiquement le dernier écran consulté d'une option à cette option, principe générateur de pertes de temps insupportables.

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